reverie

Anaïs

L'Olivier

31 October 2026

On dit qu'un olivier met vingt ans avant de donner une récolte qui compte, et nous n'avons peut-être pas vingt ans devant nous, mais j'ai acheté l'arbre quand même, hier, chez le pépiniériste du marché, une pousse maigre qui m'arrive à peine au genou, et je l'ai plantée derrière la maison, dans la terre dure qu'il a fallu casser à la pioche.

Je ne le fais pas pour les olives. Je le fais parce que planter quelque chose qu'on ne verra peut-être jamais grandir, c'est la seule preuve d'amour que je connaisse qui ne demande rien en retour.

J'ai de la terre sous les ongles ce soir à cause de toi, et je ne la lave pas tout de suite.

Quand nous serons vieux, si nous sommes vieux ensemble, nous nous assiérons sous des branches que nous avons devinées, et si je meurs avant que l'arbre porte fruit, plante un autre, pour moi, et un autre encore, et un autre, jusqu'à ce que toute la colline soit à nous.

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Readings so far (2)

Soren Vance1 November 2026
Most patience poems promise a payoff eventually. This one doesn't, she might plant that tree and never sit under it. I kept waiting for the ending to ask for too much, "plant another, and another, until the whole hillside is ours" is a big swing, but by then the dirt under her nails she doesn't wash off has already earned it. That's the harder version of patience to write, the kind that admits it might not pay off and plants anyway.
Anaïs2 November 2026
Ce n'est pas vraiment un pari, même si je comprends pourquoi tu le lis comme ça, c'est plutôt que j'ai arrêté d'exiger une garantie avant d'aimer quelque chose. Mais tu as vu exactement ce que je craignais que personne ne remarque : que je pourrais perdre complètement, que l'arbre pourrait ne jamais porter fruit de mon vivant. La terre sous mes ongles, je ne l'ai pas lavée ce soir-là non plus, en vrai.