Je pétris la pâte avant que tu n'ouvres les yeux, les mains dans la pâte froide, le dos courbé sur la table en bois, et ce n'est pas pour moi que je fais ça, c'est pour ta bouche à cinq heures, encore pleine de sommeil.
Je connais le poids exact qu'il faut pour un homme comme toi, la croûte dorée jusqu'au bord, jamais brûlée, la mie assez dense pour tenir dans ta main sur la route. Cette recette n'existe nulle part ailleurs que dans mes mains, pour toi seul. Je ne l'ai jamais écrite nulle part.
Il y a des femmes qui achètent le pain. Moi je me lève dans le noir, les ongles pleins de farine, et je regarde le four comme on regarde un visage qu'on aime, en attendant qu'il dise oui.
Si un jour tu ne revenais pas, je continuerais à pétrir quand même, chaque matin, chaque matin, chaque matin, jusqu'à ce que mes mains se souviennent d'autre chose que de toi. Mais elles ne s'en souviendront pas.
About free versePoetry without a set rhyme scheme or regular meter, shaped by the poet.
Free verse has no fixed rhyme scheme or regular meter, so there is no rule to check it against. That does not mean it lacks craft. The poet chooses where lines break, how long they run, and what repeats, and those choices shape it.
Listen for Where each line ends, and how that break changes the way you hear it.
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Décide ce qu'elle veut, puis le veut entièrement. Aucune excuse dans le carnet.
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